08 janvier 2008

Bernard Sumner talks to Peter Saville



Bernard Sumner talks to Peter Saville about the Hacienda and Factory Records. 1984

25 mai 2007

Temptation - BBC Radio 1

New Order live performance of Temptation at BBC Radio 1 studios, 1984.

18 mai 2007

Chambre Verte



« Mourir ne signifierait pas autre chose qu’abandonner un rien au rien, ce qui serait impossible à concevoir, car comment pourrait-on, fût-ce en qualité de rien, se donner en toute conscience au rien, et non seulement à un rien vide, mais à un rien bouillonnant dont la nullité consiste uniquement en ce qu’il est incompréhensible »

Franz Kafka (Journal 4 décembre 1913)

08 mai 2007

Try to cry out in the heat of the moment



« The Eternal », c'est ainsi qu'il avait baptisé une chanson de Closer, le second album de Joy Division, que je m'étais procuré, bien sûr, dans une autre ville que Montpérilleux où il semblait établi d'avance, par une sorte de complot que la résignation tramait incessamment, que tout ce qui soulevait un coin du voile ne devait pas être disponible à moins d'une centaine de kilomètres, et cet album je l'écoutais alors souvent, avec la plus extrême attention, pressentant, gravée dans le vinyle, une révélation aussi cruciale que celle qui repose dans les sillons d'encre de quelques rares livres et que réveille, à mesure qu'il les suit, le saphir du regard. Cette chanson, l'avant-dernière de la seconde face, s'ouvrait sur une sorte de bruit de cigales cyclique, insistant, que l'on comprenait vite être un froissement électronique, semblable au bruit que fait le monde lorsque d'un doigt l'on se bouche et l'on ouvre tour à tour très rapidement les oreilles. S'y entremêlait peu à peu une mélopée nasillarde, monotone, funèbrement lestée de basse, fouettée d'une caisse claire réverbérée jusqu'à n'être plus qu'un souffle, de toms creux comme l'estomac affamé, puis enfin de notes de piano, lourdes de sens d'abord, puis croisées par d'autres éparses, distraites, répétées sans aboutir ainsi que les jouerait d'un doigt un enfant qui ne saurait pas. Ce piano, même si on l'écoutait d'abord avec la complaisance de l'adolescent qui se savait sérieusement dans l'essentiel, et tentait désespérément de presser la moelle ensanglantée d'une émotion si importante à ressentir qu'il fallait bien en feindre un peu l'intensité, on se demandait aussi, sans oser se l'avouer tout à fait, s'il n'y avait pas là un peu d’emphase classique, trop de sensiblerie peut-être, mais déjà la voix s’était posée sur vous avec le calme à peine tremblé de la main qui vous fermera les yeux. Quelque chose s'y racontait, d'abord pour moi confus, que j'avais, aidé par quelques interviews dans des revues déjà vieilles (cette histoire se passe dans un éternel 1984), fini par éclaircir un peu. Il s'agissait d'un débile, à l'âge incertain mais traité par tous comme l'enfant qu'il n'est plus (« with children my time is so wastefully spent», disent horriblement et précisément les paroles) confiné ad eternam dans le jardin d'un pavillon, et qui voit défiler devant lui, avec l'inexorable lenteur « des nuages dans le ciel », une procession papiste semant des pétales emportés par la pluie. On comprenait alors que la chanson, sans aucunement vouloir imiter une quelconque aphasie ou la moindre confusion mentale, mais, et c'était son tour de force, avec au contraire une sorte de raideur, de dignité crispée, se plaçait du point de vue de ce témoin, qui « Try to cry out in the heat of the moment / Possessed by a fury that burns from inside » (on aurait l'air de quoi à vouloir traduire qu'il tente de hurler dans la ferveur de l'instant, possédé d'une fureur qui le brûle tout entier, pourquoi ne pas le chanter en français aussi, tant qu'on y est) et c'est cela d'abord que je trouvais beau, cet essai avorté de sortir de soi une émotion trop forte, trop invraisemblable pour les autres…"

Jean-Christophe Valtat - 03

15 juillet 2006

Fact25


Image Hosted by ImageShack.us

«Closer» était arrivé dans un contexte tout à fait différent. Ian Curtis s’était pendu au mois de mai à Manchester quelques jours après les dernières sessions, la veille du départ prévu du groupe pour l’Amérique ; en Angleterre, Joy Division était en passe de devenir une grosse affaire. Curtis était un épileptique, un schizophrène, c’est entendu : c’était surtout quelqu’un d’extrêmement timide, tantôt exubérant, tantôt muet. Sa mort sordide, discrète, n’était en tout cas pas prédestinée par une musique morbide, malsaine, ou je ne sais quoi, suivant les clichés qui collaient à Joy Division. La musique de Joy Division était pure. Le problème n’a pas suffi à guérir Curtis. Le plus poignant dans «Closer» réside assurément dans cette brusque timidité qui s’était subitement emparée de la voix de Ian Curtis. Au lieu d’appuyer ses inflexions mélodramatiques, il cherchait presque maladroitement un timbre lumineux et apaisé. La première face de «Closer» présentait un développement extrême de «Unknown Pleasures» : morceaux désarticulés, jungle sonore et rigidité rythmique implacable. Avec ce roulement percussif sourd et animal et cette guitare désincarnée, le calme de la basse et de la voix en contrepoint, «Atrocity Exhibition» offre une sorte d’introduction rituelle à «Closer». Jusqu’à «A Means To An End», on s’enfonce dans un chaos effrayant, mais toujours resplendissant. Mais la deuxième face, vraisemblablement enregistrée un peu plus tard, en même temps que l’indispensable 45 tours «Love Will Tear Us Apart», va là où personne ne s’est jamais aventuré. Pas d’expérience progressive, pas de complexité d’arrangement, simplement une limpidité apaisée et souveraine. «Heart And Soul», «The Eternal» et «Memories» changent la densité de l’air dans la pièce où vous écoutez ce disque : tout retombe, s’épaissit et rayonne. Piano à la Satie, mellotron démodé et ingénu, «Memories» arrache des larmes de délivrance. Avec ceux de John Cale, les disques de Joy Division sont les seuls où les ballades aient un sens fondamental. «Closer» a bénéficié d’une conjonction miraculeuse, c’est un disque magique et impalpable. Au risque de me répéter, je ne vois que «Get Happy!!» pour avoir un propos si ferme, décisif et nécessaire. Et au train où vont les choses, je ne crois pas que je parle de l’année 1980, mais de la décennie.

Michka Assayas Rock & Folk n°170 de mars 1981

13 juillet 2006

Everything's Gone Green (Live 1981)



Merveille qui doit beaucoup à l’accidentel, la guitare de Ian Curtis sur « Love Will Tear Us Apart » réapparaît comme un fantôme discret